Le 2 mai dernier s’est tenue la 7e édition des journées d’études du LABRRI, rassemblant chercheurs, étudiants et professionnels autour de diverses thématiques en sciences sociales et en relations interculturelles. Cet événement, toujours aussi attendu, s’est déroulé dans une atmosphère dynamique et inspirante, offrant une occasion précieuse de partager des savoirs et d’explorer des enjeux contemporains.
Simulation de soutenance de thèse – Guy Drudi
Guy Drudi a ouvert la journée avec une simulation de soutenance de thèse, un exercice essentiel pour tout doctorant en fin de parcours. Sa recherche, intitulée « Le choc discriminatoire dans les mémoires et le Rapport de la Commission Bouchard-Taylor : origine, sens et implications », s’appuie sur l’analyse de 842 mémoires soumis à cette commission. Drudi a utilisé l’outil NVivo pour coder et organiser les données, explorant la manière dont ces témoignages expriment un malaise identitaire souvent lié au concept de choc discriminatoire. Malgré le cadre fictif, le jury présent a formulé des remarques constructives pour préparer le chercheur à sa soutenance officielle. Bravo à Guy pour cette étape importante de son parcours académique !
Rapport sur la Semaine québécoise des rencontres interculturelles
Pierre-Christophe Falardeau, Daphnée Lévesque et Malika Sabri Turgeon ont présenté un rapport sur la Semaine québécoise des rencontres interculturelles (SQRI), une initiative du Ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI). Ce rapport, basé sur une analyse systémique des activités de l’édition 2023, révèle des disparités importantes entre les objectifs affichés par le ministère et la réalité des événements organisés. Les chercheurs ont utilisé le modèle « 3D » (Diversité, non-Discrimination et Dialogue) pour évaluer la portée pluraliste des activités. Le constat principal est que les activités se concentrent majoritairement sur la diversité culturelle, tandis que les dimensions du dialogue et de la lutte contre la discrimination restent sous-représentées. Le rapport propose des recommandations pour renforcer l’impact des prochaines éditions, notamment en soutenant davantage les organisations pour qu’elles puissent intégrer ces dimensions essentielles dans leurs projets.
Speed Dating de pré-terrain
Lors de cette 7e édition, une session de « Speed Dating de pré-terrain » a été organisée, permettant à six étudiants en maîtrise et doctorat de présenter leurs projets de recherche. Chaque étudiant était placé derrière une table, prêt à exposer ses idées, à répondre aux questions des chercheurs présents et à recevoir des commentaires pour affiner son projet. Cette formule dynamique a offert aux étudiants l’opportunité de tester leurs hypothèses, de préciser leurs démarches méthodologiques et de renforcer leur confiance en tant que jeunes chercheurs.
Parmi eux, Émile, étudiant à la maîtrise, a présenté son projet explorant les trajectoires migratoires des jeunes adultes issus de l’immigration en milieu urbain. Pour Émile, cette expérience a été à la fois stimulante et légèrement intimidante. Il a trouvé particulièrement enrichissant de confronter ses hypothèses et réflexions aux perspectives de chercheurs plus expérimentés, ce qui l’a aidé à clarifier ses objectifs de recherche et à mieux structurer ses idées. Il a décrit cette expérience comme un « moment charnière » dans l’évolution de son projet, l’encourageant à affiner sa méthodologie et à renforcer son argumentaire.
Ateliers pratiques de recherche
Atelier sur le certificat d’éthique – Isabelle Comtois
Isabelle Comtois a animé un atelier sur le certificat d’éthique, rappelant l’importance de cette étape cruciale pour garantir le respect des droits des participants et la confidentialité des données. Elle a insisté sur la nécessité de bien définir sa question de recherche, de justifier ses choix méthodologiques et de préciser les modalités de recrutement des participants. L’atelier a également abordé les enjeux du consentement libre, éclairé et continu, ainsi que les risques éthiques potentiels liés aux recherches en sciences sociales. Cette rigueur permet de sécuriser la démarche du chercheur et de renforcer la confiance des participants tout au long du projet.
Atelier sur la gestion des données de terrain – Daniel Côté
Daniel Côté a ensuite dirigé un atelier sur la gestion des données de terrain, en se concentrant sur les défis concrets du travail sur le terrain, comme la prise de notes ethnographiques, l’adaptation des méthodes en fonction des contextes et la gestion des émotions liées à l’observation immersive. Il a partagé des stratégies pour organiser les notes et éviter les biais d’interprétation, par exemple en utilisant des codes couleur pour distinguer les observations descriptives des réflexions personnelles. Côté a également souligné l’importance de construire un lien de confiance avec les participants pour obtenir des données riches et significatives.
Atelier de gestion des données post-terrain – Mathilde Gouin-Bonenfant
Mathilde Gouin-Bonenfant a clôturé les ateliers avec une discussion sur la gestion des données post-terrain, un défi souvent sous-estimé. Les participants ont échangé sur les meilleures pratiques pour organiser, anonymiser et analyser les données après le retour du terrain. L’accent a été mis sur l’importance de planifier cette phase dès le début du projet pour éviter les situations de surcharge et assurer la qualité des résultats. Cet atelier a été un espace d’échange précieux pour les chercheurs, favorisant une réflexion collective sur les enjeux de gestion des données en recherche sociale.
Atelier sur la rédaction d’un article scientifique
L’atelier sur la rédaction d’article scientifique, animé par le Professeur White, a mis l’accent sur une réflexion personnelle plutôt que sur des outils techniques comme la structuration des textes. Les participants ont partagé leurs expériences variées avec l’écriture, évoquant des défis comme le syndrome de la page blanche, la peur de ne pas être assez informé ou la difficulté de passer de l’écriture créative à l’écriture académique, plus rigide et exigeante.
Le Professeur White a souligné l’importance de trouver sa propre méthode pour entrer dans le processus d’écriture, qu’il s’agisse de remue-méninges, de plans détaillés ou de rituels personnels. Il a également encouragé l’utilisation des stratégies de rédaction collective, comme les sessions « Thèsez-vous » ou la méthode Pomodoro, qui, selon les témoignages des participants, peuvent grandement motiver et inspirer, tout en aidant à surmonter les blocages créatifs.
La 7e édition des journées d’études du LABRRI a encore une fois démontré la richesse des échanges et l’importance de créer des espaces où chercheurs et étudiants peuvent partager leurs expériences et affiner leurs compétences. Que ce soit à travers les simulations de soutenance, les ateliers pratiques ou les discussions sur les enjeux interculturels, cette journée a offert une belle illustration du dynamisme et de la diversité des approches en recherche sociale.
Les comptes rendus ont été préparés par Sophie Lapointe, Renée Dorméus, Davide Larrivée, Yasaman Naserifar, Emile Modderman et l’équipe du LABRRI.
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