Pourquoi se mobiliser pour Gaza aujourd’hui ?
Depuis le 7 octobre 2023, la bande de Gaza est ravagée par une offensive militaire israélienne d’une intensité sans précédent. En quelques mois, plus de 50 000 Palestinien·ne·s, majoritairement des femmes et des enfants, ont été tué·e·s. Les infrastructures vitales telles que les hôpitaux, les écoles, et les réseaux d’eau et d’électricité ont été systématiquement visées et détruites. Ce désastre humanitaire, qualifié de génocide par plusieurs experts de l’ONU, se déroule dans une indifférence internationale troublante.
Face à cette situation, le Laboratoire de recherche en relations interculturelles (LABRRI) de l’Université de Montréal, en partenariat avec le Département d’anthropologie, a pris l’initiative d’une mobilisation académique, artistique et humaine. Fidèle à sa mission de justice sociale, le LABRRI a cherché à conjuguer engagement intellectuel et action concrète, à travers trois événements phares : une vente de garage solidaire, un poème de l’autrice et anthropologue Yara El-Ghadban, et un concert bénéfice intime réunissant des artistes de divers horizons. Chacun de ces gestes visait à éveiller les consciences, créer des ponts et soutenir concrètement les familles palestiniennes.
Deux journée de vente de garage : solidarité en action
Les 2 et 3 avril 2025, le Pavillon Jean-Brillant s’est transformé en espace de solidarité. Organisée par le LABRRI, la vente de garage pour Gaza a rassemblé plus de 200 membres de la communauté universitaire, étudiant·e·s, professeur·e·s, personnel, autour d’un même objectif : agir pour la justice.
Les visiteurs ont pu découvrir une diversité d’objets proposés : livres, vinyles, petits électroménagers, matériel technologique, objets artisanaux et pâtisseries généreusement offertes par la Boulangerie Castel. Trois ateliers ont également animé ces journées : un kiosque d’information sur la situation à Gaza, un atelier de henné, et un atelier créatif autour du melon d’eau, devenu emblème de la résistance palestinienne.
Cette mobilisation exemplaire n’aurait pas été possible sans l’engagement de plusieurs bénévoles, principalement issu·e·s du Département d’anthropologie, et les contributions d’artisanat offertes spécialement pour l’occasion. Leur présence et leur créativité ont incarné une solidarité vivante, enracinée dans les valeurs d’hospitalité, de justice et de dignité.
Ne pleure pas, mon peuple : la voix poétique de Yara El-Ghabdan 
Dans ce contexte de deuil et de lutte, la poésie s’est imposée comme un acte de résistance. Yara El-Ghadban, anthropologue et écrivaine d’origine palestinienne, a offert pour cette mobilisation un poème inédit et bouleversant : Ne pleure pas, mon peuple. Distribué avec les objets d’artisanat, ce texte a profondément ému celles et ceux qui l’ont reçu, révélant la puissance politique et intime de la littérature en temps de guerre.
Née en 1976, elle vit à Montréal et est l’autrice de quatre romans publiés chez Mémoire d’encrier, dont L’ombre de l’olivier (2011), Le parfum de Nour (2015), Je suis Ariel Sharon (2018) et La danse des flamants roses. Cofondatrice de cette maison d’édition engagée, elle conjugue dans son œuvre la rigueur anthropologique, la finesse littéraire et un engagement profond pour la justice.
Son poème, écrit spécialement pour cet événement, résonne comme un cri lucide et digne :
« Seule la Palestine est libre.
Et vous êtes tous,
tous,
tous prisonniers. »
Par cette offrande littéraire, El-Ghadban invite à penser autrement la liberté et à refuser l’oubli.
Concert bénéfice : quand la musique devient mémoire vivante
Le 14 avril 2025, le café Kazamaza a accueilli un concert acoustique en solidarité avec Gaza, dans une atmosphère intime et émouvante. Imaginée par Christine Seguin, étudiante en anthropologie, cette soirée a réuni une cinquantaine de personnes venues écouter et soutenir.
Le programme s’ouvrait avec une performance de Showan Tavakol (kamanche), Abboud Kayyali (oud) et Ziya Tabassian (tombak). Leurs instruments, entrelacés dans une improvisation sensible, ont tissé un pont musical entre mémoire orientale et exploration contemporaine.
Le duo Trüko, formé de Michaël Cotnoir et Mathieu Langlois, a ensuite transporté le public dans un voyage musical inspiré des traditions d’Amérique latine, d’Espagne et des Balkans. Guitares flamenca et manouche ont fusionné dans un dialogue vibrant et émouvant.
Le café Kazamaza, partenaire de longue date des initiatives culturelles locales, a mis son espace au service de la cause avec générosité. Son accueil chaleureux a donné à l’événement une dimension conviviale, propice à la rencontre et à l’écoute.
Penser, agir, résister ensemble
La solidarité n’est pas un acte ponctuel, mais un engagement profond. À travers la vente, le poème et le concert, le LABRRI a démontré que l’anthropologie peut s’ancrer dans des gestes concrets de justice et de paix. En donnant la parole aux artistes, aux étudiant·e·s, aux bénévoles, ces actions collectives rappellent que la liberté d’un peuple, ici, celui de Palestine, est liée à notre humanité commune.
Au total, ce sont 7 500 $ qui ont été récoltés grâce à l’ensemble de ces initiatives, et remis intégralement à la Fondation canado-palestinienne du Québec.
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